DESIRELESS

"More love and good vibrations" c'est ce que nous propose Désireless avec ce nouveau double album. L'interprète de "Voyage Voyage" et de "John" continue son chemin au grés de ses rencontres et de ses envies. Au programme 30 titres inédits, entièrement réalisés par Fabien Scarlakens, des remix et des versions acoustiques exclusives tirés de ses nombreux tours de chants. Nous l'avons rencontré à la veille de la tournée RFM Party 80, dédiée aux années 80.

Te voici avec un nouvel album “More love and good vibrations”.
Ce nouvel album est composé de deux albums différents. Il y a tout d’abord un CD acoustique live de concerts ou de répét que j’ai créé avec Michel Gentils un guitariste 12 cordes. Puis il y a “More love and good vibrations” que j’ai créé avec Fabien Scarlakens. Fabien a composé, écrit les textes, quelquefois seul, quelquefois avec moi. Dans ce nouvel album on retrouve aussi Emilie Roye qui joue de la flûte.


Raconte-nous ta rencontre avec Fabien Scarlakens ?

Je connais Fabien depuis de nombreuses années, c’est quelqu’un que j’ai tout de suite aimé, il est joyeux, jeune, dynamique. Avant que nous travaillons ensemble, Fabien m’a fait écouter des maquettes sur lesquels je n’ai pas accroché de suite, mais le feeling entre nous deux était bon, je lui ai donc demandé de travailler sur des projets qui le représentait vraiment. Il m’a donc envoyé quelques maquettes sur cassette, j’ai posé ma voix, c’est ainsi que sont nés quelques titres comme “Dans le jardin d’Eden”, “Ah ! quel malheur !” ou encore “Laissez aller”.



L’album s’ouvre sur “Nul ne sait”.

Cette chanson est pour moi la plus belle chanson écrite avec Fabien mais aussi Edouard Germinet. Nous étions justement chez Edouard, dans son studio, l’ambiance était bonne, nous étions tous en très bonne forme. Je demande alors à Fabien s’il n’a pas un play back non utilisé, j’avais envie de chanter, de créer. Fabien m’a alors proposé le play back de “Nul ne sait”. J’ai créé la mélodie, commencé à poser quelques paroles... Ce fut un moment magique. Ce jour-là, il s’est passé quelque chose de beau, de magique.


Tu vis dans le sud de la France, en drôme provençale, Fabien à Paris. Comment avez-vous travaillé ?

Une partie des titres s’est faite à distance, puis ensuite quand il a fallu finaliser le travail, Fabien descendait à la maison, j’ai un home-studio 24 pistes avec lequel nous travaillions. Fabien venait avec son synthé, ses programmations.


Le visuel de ce double album est inspiré de la coupe de cheveux de l’époque.
Alors ça, le visuel c’est pas moi qui l’ai fait. C’est FGL. Je trouve le visuel plutôt joli à regarder, vendeur. Personnellement, je n’aurai pas choisi ce visuel avec cette coupe de cheveux, c’est clair ! Cette coupe remonte à 20 ans, et nous sommes en 2007 ! Cette coupe me suit partout et ça n’a pas un grand intérêt maintenant ! Mais quand j’ai en main le digipack je trouve ça joli, alors pourquoi pas !


A l’époque de “Voyage Voyage” avais-tu conscience de la puissance de ce look, de cette coiffure ?

C’est pas avoir conscience, je fais les choses de façon spontanée. Je n’ai rien calculé. Mais j’avais choisi ce look à l’époque, c’était mon choix, sinon je ne me serai jamais présenté comme ça. C’était le moment, un moment précis d’une vie, on est comme on est. Pour la petite histoire, on me reconnaissait comme ça, même de dos. Même quand je portais une casquette et des lunettes !


Le début de ta carrière remonte à 1984 à Air 89.

C’est le début de la médiatisation. Un Cd est sorti et deux singles “Cherchez l’amour fou” en 1984 et “Qui peut savoir” en 1986. Avant cette formation Air 89, cela faisait 5 ans que je faisais de la musique, ce qui représente des années très importantes puisque ce sont des rencontres avec des musiciens, mon travail de chanteuse, mon expression, ma recherche. C’est vrai que cette période avec Air 89 avec ses premiers titres commercialisés est une période différente de la période où je faisais mes titres car tu te trouves plongée dans un nouvel univers: celui des médias, des maisons de disques, des radios, des télés et le public, ce qui est génial pour un artiste, c’est aussi le but de cette communion.


As-tu des nouvelles des membres du groupe ?

Et bien tu vois, tout à l’heure, après notre entrevue je retrouve Fred Milgram qui est toujours bassiste et qui fait toujours de la musique. J’ai connu Fred alors qu’il avait 18 ans ! Et nous collaborons toujours ensemble, nous venons encore de composer un titre avec la complicité de Mic-Eco, guitariste que je connais depuis quelques années déjà et avec qui je travaille actuellement. Nous avons un nouveau répertoire depuis un an que nous jouons sur scène. Ce sont des chansons guitare-voix intimistes que j’adore.


En 1987, la France et l’Europe te découvrent donc avec “Voyage voyage”. Etais-tu consciente de détenir LE TUBE ?

Je suis convaincue de rien, sûre de rien et encore moins de détenir ou chanter un “tube” ! Ce n’est pas mon problème... Même si je trouve des chansons meilleures que d’autres quand je travaille. Mais le “tube”, je ne sais pas ce que c’est, c’est une magie qui se passe à un moment donné.


“Voyage Voyage” a été travaillé comme un tube...

Ce n’est pas à moi qu’il faut poser la question, mais à Jean-Michel Rivat qui est auteur, co-compositeur avec Dominique Dubois du titre et surtout businessman avertis. Je suis “out” de tout ça. Je me suis trouvée là sur le chemin, j’ai eu la chance que cette chanson arrive et que je l’incarne. Je suis content de ça, ensuite c’est la magie. “Voyage Voyage” est une excellente chanson, car Jean-Michel est un auteur confirmé, inspiré et intelligent. “Voyage, voyage” a aussi bien marché grâce aussi à toutes l’équipe de musiciens, d’ingénieurs du son mais aussi des gens de la maison de disques, de la promo. A l’époque, les personnes qui travaillaient la dedans étaient dans le feeling. Ces personnes-là défendaient leur passion. Pareil pour le monde des radios libres, à l’époque les personnes qui travaillaient la dedans était motivées, s’investissaient. Le succès est la base de tout ça. Bon ensuite tu as le public qui réagit ou non.


A mon grand étonnement ni “Voyage voyage”, ni “John” n’ont été enregistré en anglais, chose courante à l’époque .

Premièrement, je pense que la langue française est une très belle langue. Deuxièmement, Jean-Michel Favat, auteur de la chanson, est quelqu’un qui travaille au niveau de l’écriture, de la mélodie, du son. C’est-à-dire, même si on comprend pas les paroles, les sons, les phonèmes, sont beaux. Quand j’écoute une chanson en anglais, je ne comprends pas tout, mais les mots employés font de sorte que je sois touchée. Je ne vois pas pourquoi le français ne permettrait pas cela. Donc si on avait enregistré “Voyage, voyage” en anglais, en italien ou autre, je pense qu’on aurait tué la chanson.


La décennie 80 est également LA décennie du clip.

Je trouve l’idée des clips originale, même si ce n’est pas mon univers. Je trouve des scènes dans “Voyage voyage” ou “John” très drôles. Tous les clips que j’ai pu faire, c’est avant tout l’univers de réalisateur, comme Bethina Reims, Arnaud de Sélignac avec qui j’ai travaillé. J’ai un excellent souvenirs du clip “Qui sommes-nous ?” à base d’images de synthèse inspiré de Magritte.


Lors de la sortie du quatrième single “Elle est comme les étoiles”, j’ai le souvenirs d’un ras le bol ?

A cette époque-là, la maison de disque à augmenté la pression, a mis la pression à Jean-Michel, il se peut, aussi, qu’il se soit éloigné de la magie qui se passait entre nous; il se posait peut-être un peu trop de questions. C’est ce que j’ai ressenti. J’ai également ressenti le fait de ne plus trop diriger quoi que ce soit. Mes pochettes de disques, mes vidéos, mes concerts... Autant ma confiance était entière envers Jean-Michel au départ de l’aventure “voyage”, autant les personnes qui me parlaient cette époque-là... je ne sentais plus le feeling.


Le deuxième album arrive donc en 1994 avec une Désireless new look.

J’ai pris beaucoup de plaisir à faire ce deuxième album “I love you” avec Charles France. Nous avons été signé chez AB par Jean-Michel Fava qui m’avait signé à l’époque chez CBS. Pour ce deuxième album, j’aurai aimé avoir un réalisateur, nous ne l’avons pas eu, nous avons travaillé seul, Charles et moi. Nous avons donc fait ce que nous avons pu dans un milieu qui ne nous correspondait pas complètement. Avec le recul, cet album je l’aime quand même bien, même si je trouve les maquettes quelquefois mieux que les originaux studios. Cet album “I love you” est le fruit dune collaboration, celle de Charles et moi, Charles est un ami depuis de nombreuses années. Côté look, j’ai eu des pressions à cette époque-là, mais chacun a fait ce qu’il a pu. Côté single, nous avons extrait “Il dort” qui n’était peut être pas le morceau à extraire, j’aurai préféré “Les escaliers du bal” que j’adore et qui n’a rien à voir avec “Il dort” qui était dans un esprit beaucoup plus “Voyage voyage”. Mais c’est un album que j’aime, Charles et moi avons passé deux années à faire cet album. Je me souviens d’une tournée Fnac qui nous a bien éclatée.


On perd ensuite rapidement ta trace. Mais où étais-tu passée?

Et bien c’est là que je suis partie dans la drôme. Et chose bien évidemment importante dans la vie d’un artiste, j’ai continué à faire de la musique, à me produire dans des chapelles, à garder le contact avec les gens.


Depuis de nombreuses années, les années 80 reviennent en force. Que penses-tu de la décennie 80s ?

Ecoute, je viens d’enregistrer “Vivement Dimanche” de Michel Drucker, en écoutant les artistes de cette époque-là je me suis rendue compte que chaque artiste était différent avec pour chacun sa propre identité. Pour les chansons, même chose, chacun venaient avec son texte, des textes très différents, des ambiances différentes. Une chose est sûre, tout était fait dans la gaieté.


Le nouvel album “More love and good vibrations” est disponible sur i-tunes en téléchargement légal. Qu’en penses-tu ?

Le téléchargement légal permet de vendre la musique différemment et de rester dans le circuit commercial. Puis le disque est devenu tellement cher. J’ai des amis qui me téléchargent légalement de la musique, c’est très bien. L’artiste doit continuer de pouvoir vivre. L’artiste a beaucoup de mal à vivre s’il n’est pas “maqué” ou “esclave” d’une maison de disques, et tout ce qu’il y a autour. Si l’artiste décide de rester indépendant, c’est difficile de vivre. Une façon de survivre est de se produire sur scène. Il n’y a que par la scène qu’il peut encore se faire un peu d’argent... puis il y a le contact avec le public... magique.


Surfes-tu beaucoup sur le net ?

Je ne vais pas beaucoup sur Internet. Je fais d’autres choses, j’ai des habitudes différentes, j’aime le silence, regarder le ciel ou mon feu de cheminée... puis les journées n’ont que 24 heures ! (Rires). Internet cependant représente un moyen d’expression, de communication génial.


Ce mois de mars voit le démarrage de la tournée RFM Party 80.

Je suis très heureuse de faire partie de cette tournée, de retrouver d’autres artistes, certains que je connais, d’autres moins, mais nous avons le sourire aux lèvres et je pense que cette tournée va être sympa. Maintenant, ce que je souhaite est que cette tournée soit le démarrage pour repartir sur les routes et présenter individuellement nos titres, tout notre travail de toutes ces années. Si les gens nous ont aimé durant les années 80, je pense qu’ils peuvent nous aimer en 2007 et 2008. Nous sommes les mêmes, un peu plus vieux, un peu moins con mais toujours aussi naïfs et plein d’amour !

Désireless nouvel album”"More love & good vibrations".
Propos recueillis par Patrick Roulph pour LeGuideGay.com


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