Sam sparro

?Play it again, Sam!
Si Mika fut la révélation 2007, il est fort à parier que l’Américain Sam Sparro sera le cool guy de cette année. Plutôt bogosse, incroyablement talentueux, fier d’être gay, il est bien parti pour créer le buzz musical de l’été. Un artiste à découvrir d’urgence…

?2008 s’annonce comme l’année Sam Sparro. Pas trop dur à gérer ce succès soudain ?
Je crois qu’on ne se prépare jamais au succès, aussi minime soit-il. Le sentiment que m’inspire cette notoriété soudaine est le bonheur. Je le savoure d’autant plus que je n’ai pas cherché à conquérir le marché du disque. J’ai observé, très zen, l’ascension de Black and Gold dans les charts anglais. Jusqu’à ce que le titre gravisse les plus hautes marches. C’est incroyable, tout cela, non ?

Vous vous payez le succès de griller Madonna dans les charts anglais. Un sale coup fait à l’idole de votre adolescence ?
(Gêné) J’ai lu de nombreuses critiques assez acerbes dans la presse anglaise sur cet album, et il est vrai qu’en l’écoutant on ne s’y retrouve pas tout le temps. Je ne suis pas persuadé que le r’n’b lui convienne vraiment. Malgré tout, Madonna reste une artiste essentielle, même si je préfère celle des débuts.

Vu la hype qui vous entoure, elle ne va pas tarder à vous appeler pour son prochain album, non ?
Elle ne m’a pas encore appelé, vous savez! (éclats de rire). Non sérieusement elle ne le fera jamais.

Pour rester dans les pops-star des années 80, le son Prince est très présent dans votre album ?
C’est vrai que j’apprécie énormément ce musicien. Il a toujours su mélanger les univers musicaux avec brio: le funk, le rock, la pop, le gospel… Il possède un talent énorme pour les fusions. Comme pour Madonna, j’aime surtout le Prince des débuts. Les albums Controversy, 1999, Prince sont des chefs d’œuvres incontestables.

Vous aussi vous aimez mélanger les univers musicaux, à tel point qu’il est difficile de définir votre style ?
Je crois que si on devait trouver un mot-valise, une formule toute faîte pour définir mon style, ce serait electro-funk. Mais je trouve cela très réducteur toutes ces étiquettes.

 

Une chose est sûre : vous étiez fait pour devenir musicien. Vos père, mère et grand-père sont des artistes reconnus, non ?
J’ajouterai également à la liste mes deux arrières grands-parents (père et mère) donc autant dire qu’il y a une filiation familiale. Partant de là, il me fut effectivement difficile d’échapper à l’univers de la musique. Elle doit être inscrite dans mes gênes. Donc oui, tout semblait écrit depuis le jour où j’ai intégré une chorale d’église. Chaka Khan ne s’y était pas trompé lorsqu’elle m’a remarqué dans cette même église, disant à qui voulait bien l’entendre que j’étais un chanteur-né…

Pour un artiste pop, vous avez une plume racée. Il est rare d’entendre des paroles aussi intelligentes dans la pop electro.
Merci pour le compliment. Je ne sais pas si je cherche systématiquement à écrire des textes sensés pour de la musique d’essence pop. Mes paroles sont un peu les témoins de ce que je vois, de ce que je vis… donc effectivement, il y a de la réflexion, cela fait sens. Mais rien n’est conscient comme si je me disais : « Bon là soit spirituel, intello ou philosophe. »

Certains critiques anglais louent Black and Gold comme la meilleure chanson de l’année, pendant que d’autres disent n’avoir rien entendu d’aussi faible depuis ces quarante dernières années ?
Comme vous le voyez on peut dire tout et son contraire en matière de critiques. Cela fait partie des règles du jeu, mais je m’en fous royalement. L’important est que je n’ai pas à rougir de mon travail, le reste…pffff….

Sur votre Myspace, on découvre que vous adorez Cassius, Mirwaïs, Air. À fond sur la french touch donc ?
Tout à fait et je peux en rajouter une couche: Justice, Sebastian, Daft Punk… Tous ces artistes electro français sont ou ont été des visionnaires. Je ne me lasse pas de les écouter.

Et que pensez-vous de la relève, plus dance: Martin Solveig, David Guetta, Bob Sinclar ?
Comment dîtes-vous ? Je ne les connais pas, mais pouvez-vous me les épeler, car j’irais les écouter sur le net.

Qu’allez-vous faire pour conquérir le public français ?
Euh, et bien rien de plus qu’ailleurs en fait. J’espère que mon univers plaira au public français comme il a su charmer le public anglais. Nous allons mettre l’accent sur mon deuxième single 21 Century Life. On croise les doigts.

Vous revendiquez ouvertement votre homosexualité. C’est courageux quand on débute une carrière.
Vous savez je suis comme je suis. Je ne me suis jamais posé la question de savoir si cacher mon identité me permettrait d’atteindre plus vite mes objectifs. Si l’on m’ôte ma nature profonde, je perds toute cohérence et ma musique aussi par la même occasion. Donc hors de question d’être dans le placard.

Ce qui est sur, c’est que les gays français vont illico apprécier votre musique et votre franchise. Que pensez-vous de Paris ?
J’adore Paris. C’est la quatrième fois que j’y passe un séjour. Ils sont toujours trop courts. La dernière fois c’était pour la fashion week au Louvre. Un moment mémorable. Il est prévu que je fasse un festival, avec la radio NRJ me semble-t-il… en attendant de faire une salle parisienne. Cela me donnera l’occasion de retourner à Montmartre, où je me sens si bien.

D'ailleurs, vous ne faites encore qu’un saut ici ?
Et bien oui, car ce soir, après cette journée de promo frenchy, je joue à Londres. Puis j’enchaîne tout l’été les dates en Angleterre, aux USA et en Norvège où je vais chanter aux côtés de la chanteuse Robyn. Et puis je pense qu’après tout cela, des vacances seront bien méritées, non ?

 


?Propos recueillis par Cédric CHAORY.
Sam Sparro, Sam Sparro (Universal)
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