Je me souviens des oubliés

Ils ont eu leurs heures de gloire, ils ont été oubliés, parfois de leur plein gré, trop souvent malgré eux. Mais que sont-ils devenus ? Nous nous sommes tous posé la question. Si je vous dis: Tabatha Cash, Jean-Marie Proslier, Luna Parker, Jacky Quartz, Chantal Gallia, Childéric… ou encore Jesse Garon. Ça y est… La mémoire vous revient? Que sont-ils devenus? certes, mais surtout que s’est-il passé pour qu’un jour leur carrière s’arrête? Mathieu Alterman, au travers de ce nouveau livre “Je me souviens des oubliés”, nous réveille la mémoire et répond à nos questions. Interview.

Tu as publié en avril 2007 un premier ouvrage « Apologie de l’échec », peut-on voir avec ce deuxième ouvrage « Je me souviens des oubliés » la suite en quelques sortes.

Ce deuxième livre est plus que la suite. La chose qui me fascine est le contraste entre la starification d’une personne et la qualité de son travail. Ce sont deux choses qui n’ont rien avoir entre elles. Il y a des personnes qui en étant oubliées ont commencé à faire des choses intéressantes, d’autres qui ont été stars et qui ont fait de la m…. puis d’autres qui ont fait des bides mais qui étaient eux extraordinaires. On trouve tout cela dans ce deuxième livre. En aucun cas je porte un jugement de qualité par rapport à leur travail, à ce qu’ils ont fait. Dans le cas des bides ça peut aller d’Orson Welles à François Valéry, de Corynne Charby à Cris Campion, c’est pour te dire comme quoi le spectre est large.

Dans la préface de ce deuxième livre tu écris « la gloire, le succès et le déclin m’ont toujours fasciné ».

Je me mets toujours dans la peau de l’artiste qui se ballade dans la rue qui rencontre quelqu’un et qui lui dit « c’est dommage on vous voit plus, vous faites quoi aujourd’hui ? ». Je crois que c’est ce qu’il y a de plus terrible. Tous ces gens-là ne peuvent pas faire autre chose que les raisons pour lesquelles elles sont connues. On a jamais vu un chanteur devenir prof de math ou entrer en médecine. Ils sont tellement fascinés par la scène, le contact avec le public, le star système, qu’ils ne peuvent pas décrocher. C’est ça qui est fascinant. Ils s’accrochent jusqu’au bout. Comme un drogué qui veut retrouver le premier flash. Là c’est pareil. La notoriété c’est la pire des drogues.

C’est pour ça qu’ils peignent ?

C’est très marrant. C’est fou le nombre d’ex-stars qui se lancent dans la peinture. Il y en a pour qui sa marche très bien. Tristan par exemple l’interprète de « Je suis de bonne humeur ce matin » à la fin des années 80, vit de sa passion et connaît un grand succès.

En lisant cet ouvrage, j’ai très peu vu le terme « has been » ?

Je trouve ce terme pas très gentil. Je n’écris pas de livres méchants. Mes livres sont drôles mais pas méchants. La vraie caractéristique du « has been » est la personne qui a été, qui n’est plus et qui est persuadée d’être toujours là. Dave a été le premier à savoir qu’il n’était plus là et très intelligemment se qualifiait lui-même de « has been ». Mais tu as un tas de gens qui sont persuadés d’être au top de leur gloire. Dans les années 90 j’avais créé une émission de radio qui s’appelait « Le top has been » dédiée aux « has been » et nous passions le pire de la variété 70-80, j’animais ça avec Jean-Luc Lemoine qui aujourd’hui officie aux côtés de Laurent Ruquier. Je n’ai pas voulu réutiliser ce terme-là car depuis j’ai appris à connaître les artistes. C’est très difficile d’avoir du succès mais ne plus en avoir après n’est pas évident. Il ne faut pas les accabler. C’est vraiment très dur.

Plusieurs facteurs interviennent quant à l’insuccès et la non médiatisation d’un artiste. Malgré tout, l’un des points communs entre ces deux livres est le ton vache que tu emploies pour certains artistes.

J’ai peut-être été plus dur avec certains artistes. C’est-à-dire ceux qui sont « has been » et qui sont persuadés de ne pas l’être. Tu as Francis Lalanne par exemple, qui est persuadé d’être au top. C’est assez agaçant.

Concernant ton premier ouvrage « Apologie de l’échec » quel a été son accueil ? Quelles ont été les retombées ?

Très bonnes. Les gens étaient contents de trouver enfin un livre sur les loosers parce qu’on en a marre du culte des winner.

Revenons à ce nouveau livre « Je me souviens des oubliés » et commençons par le début. Le livre est dédié à Mark Hamill, Denise Glaser, Jean-Michel Desjeunes et Simon de la Brosse. Pourquoi ces personnalités ? Pourquoi ce choix ?

Denise Glaser parce ce que c’est la plus grande journaliste de télévision qu’on ait jamais eu et on lui a enlevé ses émissions avant l’arrivée de Giscard en 1974 et qu’elle n’a jamais pu retrouver l’antenne. Elle est morte dix ans après dans l’oubli. Voilà encore quelqu’un avec un talent incroyable , comme quoi l’oubli n’a aucun rapport avec le talent. Mark Hamill, c’est l’homme d’un seul film, « Stars Wars » ce qui paraît assez incroyable, il n’a jamais rien fait d’autres. Simon de la Brosse un excellent acteur durant les années 80, qui se suicide en 1998 car il tourne moins. Jean-Michel Desjeunes est sans doute le meilleur journaliste des années 70, meilleur ami de Lescure et Degreff, il s’est suicidé en se jetant par la fenêtre à la fin des années 70. J’imagine que s’il ne s’était pas supprimé, il aurait pu faire une belle carrière à Canal +, tant il était brillant et avant-gardiste.

Tu me sembles jeune pour avoir connu Denise Glaser ? Elle disparaît en 1983. (Mathieu Alterman est né en 1974).
Depuis ma plus tendre enfance, je suis curieux. Je bouffe de la pellicule. Denise Glaser est une grande, comment peut-on passer à côté ? Tous les journalistes aujourd’hui s’inspirent de son travail. Denise Glaser est l’une des rares à avoir invité six ou sept fois de suite Barbara avant qu’elle ne commence à vendre des disques. Tu ne vois plus ça aujourd’hui. Les gens qui présentent les émissions aujourd’hui n’ont aucun pouvoir sur la programmation. Denise Glaser faisait preuve d’une vraie indépendance avec en plus un vrai succès populaire et des audiences énormes.

Parmi les quatre dédicaces, deux sont des suicidés. Les destins tragiques semblent te toucher.
Non. Ce n’est pas le destin tragique qui me touche, c’est plutôt la perte de reconnaissance du public, quand talent il y a. Je trouve que c’est profondément injuste. Ces métiers-là supportent d’ailleurs une injustice terrible. En fait, être oublié ou faire des bides, le problème est de savoir rebondir. Et ceux qui durent dans le temps sont les plus forts, en fait ce sont ceux qui savent rebondir. Je pense à Madonna qui depuis vingt ans se prend bide sur bide au cinéma ; elle s’en fout ou elle ne le montre pas. Cette femme a une détermination, une force. C’est une femme qui avance. Et ceux qui sont trop fragiles, souvent très talentueux, créatifs et sensibles, la corde casse.

Dans la série Qui sont-ils, qui est Mathieu Alterman ? Aucune bio, aucun repère, certains vont même dire que ça sent le pseudo ?
Ce n’est pas un pseudo. Je travaille depuis plus de dix ans dans la musique comme directeur artistique. J’ai travaillé dans plusieurs labels comme chef de projet. J’ai donc étais très souvent confronté à la réalité et je connais ce qu’il se passe entre les artistes et les maisons de disques.

« Je me souviens des oubliés » est ton deuxième livre, un an après « Apologie de l’échec », te sent-tu l’héritier ou le fils de Thierry Séchan ? (« Nos amis les chanteurs » 1992).
Franchement non. J’ai aucune prétention littéraire. Mes livres sont faits pour être lu sur la plage, entre amis. A mon avis Thierry Séchan est un peu plus méchant que moi dans ses livres. Il s’attaquait à la qualité de travail des artistes. Mon travail et mon style d’écriture n’ont rien avoir.

Tu cites dans ce livre de nombreux artistes issus du TOP 50. Etais-tu fan ?
Le Top 50 a un énorme mérite puisque cette émission a été la première à nous informer des ventes réelles de disques en France. Pendant 20 ans le public a cru que Mireille Mathieu vendait beaucoup de disques en France, ce qui était totalement faux lorsqu’on a vu les chiffres des ventes. Le Top 50 a le mérite aussi d’avoir donné un vrai coup de fouet à la scène française. A cette époque il fallait être bon, pas forcément au niveau de la qualité des chansons mais au niveau de la qualité de la production et du son. Je trouve donc plus intéressant d’avoir des oubliés de cette scène, de cette époque. Les années Top 50 ont été vraiment des années fantastiques pour la créativité, que ce soit bien ou pas. Il y avait d’un côté le groupe Début de soirée et Licence 4, de l’autre des artistes comme Etienne Daho.

Quel adolescent étais-tu ?
J’étais bon élève et déjà fan de musique et de cinéma. Depuis mon plus jeune âge je désirais travailler dans la production de disques. J’adorais parler de cinéma avec des personnes plus âgées que moi. J’étais fasciné par des films comme « Sunset boulevard » qui met en scène les dangers du star système. Tout de suite j’ai été fasciné par ça. Mais je n’étais pas fasciné par le succès ou l’échec.

J’imagine le choix de personnalités assez large pour écrire ce livre. Comment as-tu travaillé ? Comment as-tu vérifié les informations ? J’imagine que tu as beaucoup utilisé le web ?

J’ai utilisé internet évidemment mais aussi beaucoup de livres publiés il y a 20-25 ans, des coupures de presse de l’époque. Tu prends un artiste comme Frédéric Château, il a fait beaucoup plus de couvertures que Michael Jackson ou Stevie Wonder, je parle pour la France. C’est quand même énorme quand on y pense. J’ai également questionné mon entourage puisque travaillant dans le domaine de la musique j’ai les contacts. Quant au choix des personnalités présentes dans le livre, j’ai testé sur mon entourage leur notoriété et lorsqu’on me répondait « ah oui p…. j’ai oublié », bingo.

As-tu contacté certains artistes afin de recueillir des informations ?
(Rires). Non. Absolument pas. Je ne vois mal contacter un artiste pour un livre consacré aux oubliés. (Rires).

Ca aurait pu faire plaisir à certains ?
J’espère faire plaisir à ceux qui sont dans mon livre. Mon livre s’appelle « Je me souviens des oubliés » et non pas « Ah ah je suis content que vous soyez devenu ringard aujourd’hui ! ». Il n’y a pas d’artistes ringards dans mon livre. Il y a seulement eu une grande injustice. Je pense à toutes ces personnalités issues des années 80. Tu te rends compte du nombre. C’est une époque où les gens aimaient les stars, c’est une époque où il y a eu beaucoup de créations et une époque où l’on avait pas peur de mettre les gens dans la lumière et les retirer aussitôt si ça ne marchait plus, pour en remettre d’autres. C’est un métier où tout allait vite.

C’est l’époque de l’image, du clip.
Tout à fait. C’est également l’époque des radios libres. C’est énorme. La radio NRJ diffusait de la musique qui ne passait pas ailleurs. Puis Canal + en 1984 avec le Top 50 et un truc tout bête, le walkman qui a changé la manière de consommer la musique dans les années 80. L’arrivée du disque compact est également à prendre en compte. Puis le 45 tours qui a disparu ensuite rapidement. Avec le 45 tours nous étions dans la culture du tube, qui a mon avis n’existe plus du tout aujourd’hui. Soit parce qu’il n’y a plus le format, soit parce qu’il n’y a plus de chansons efficaces. N’importe quelle chanson ringarde des années 80 a quand même un atout, c’est son efficacité. La reprise d’ « A cause des garçons » par Yelle en est la preuve. Les deux plus gros succès de Yelle c’est « A cause des garçons » et le gag avec Michael Young. Les chansons faites pour elle, personne les connaît.

Tu es l’un des rares à te souvenirs de Karim Allaoui ou Christopher Atkins.
Christopher Atkins a joué dans « Le lagon bleu » au côté de Brooke Shields. Tous les adolescents de l’époque ont vu le film sorti en 1981. Ce qui est extraordinaire dans la carrière de cet acteur est qu’il a fait 2 ou 3 films puis plus rien.

Comme c’est souvent le cas en ce qui concerne les actrices ayant joué pour Spielberg. Toutes sont tombées dans l’oubli.
95 % des actrices ayant joué le premier rôle dans les films de Spielberg n’ont plus rien fait après. Spielberg est quand même le plus grand réalisateur au monde en terme de notoriété.

Peut-on l’expliquer ?
Spielberg étant un enfant dans sa tête, je pense qu’il film très mal les femmes. Ces femmes dans ses films n’ont aucune sensualité, ni sexualité. Du coup l’image de ces femmes est passée inaperçue aux yeux des autres réalisateurs.

Tu as grandi en pleine période disco et connu enfant les années 80, deux périodes aujourd’hui très médiatisées. Es-tu nostalgique de toute cette époque ?
Sans être nostalgique, j’ai eu la chance de connaître cette période qui a été vraiment incroyable. Je pense que la France de 1979 et la France de 1983 n’ont rien à voir. Il y a eu en quatre ans une transformation extraordinaire. Une transformation due à l’arrivée des radios libres et à l’arrivé de Miterrand au pouvoir. Beaucoup de choses ont changé durant cette période. Nous sommes passés des Carpentier aux enfants du rock ! Ce n’est pas un hasard si toutes les stars des années 70 sont devenues ringard en deux ans. De cette époque j’ai également les souvenirs du Palace ; ma mère ne trouvant pas de baby-sitter, elle m’amenait avec elle au Palace ! Je sais que je ne connaîtrai plus jamais ça. C’est une période où les gens s’amusaient tous ensemble, sans agressivité. Il faut parler aussi de la mode. La mode allait très vte. Il est bien que la mode change ; c’est le propre de la mode. Aujourd’hui je trouve tout cela très lent.

On ne peut pas écrire un tel livre sans aimer ou avoir aimé les artistes cités. Du moins certains. Quels sont les artistes présents dans le livre et que tu affectionnes en particulier ?
Oh là ! Dans ce deuxième livre ils sont nombreux. Claude Véga par exemple qui a été le précurseur de limitation moderne. Tout le monde pense qu’il est mort. C’est un mec brillant. Il était en classe avec François Truffaut, il a cofinancé « Les 400 coups ». Ses imitations de Barbara ou Delphine Seyrig sont extraordinaires, jamais vulgaires, j’aime beaucoup Claude Véga. Chez les humoristes, j’adore les frères ennemis, qui eux faisaient exactement ce que font aujourd’hui Omar et Fred ou Eric et Ramzy, sauf que les frères ennemis le faisaient dès les années 60. J’aime Gabrielle Lazure, Roger Gicquel… je les aime tous, il y en a très peu que je n’aime pas. Ca fait c... de dire ça mais c’est vrai. Bon, certains je m’en fout comme les gens d’AB productions. Alors l’écurie d’AB productions je m’en fout ! On savait qu’ils allaient devenir « has been » dès le début. Il y a des gens étonnant aussi comme Brice Lalonde ou Robert Hue alors eux ce n’est pas que j’ai une tendresse particulière mais ils ont complètement disparu. On les voyait encore il y a 3-4 ans et depuis plus rien. Même lors des élections présidentielles, je n’ai pas souvenirs les avoir vus. J’aime bien les gens qui veulent disparaître d’eux-même. J’aime moins en revanche des personnes comme Caroline Tresca ou Alexandra Cazan, attention je ne les connais pas, je parle par rapport à l’image que j’ai d’elles ; j’aime un peu moins cette attitude qui consiste a arrêter une activité en pensant devenir star de cinéma, en étant persuadé de faire carrière et qui au final n’ont rien fait.

Et Nicole Rieu. Tu écris pas moins de deux pages sur elle !
Ah oui quand même ! Alors Nicole Rieu représente tout ce que je n’aimais pas quand j’étais petit. Je n’ai rien contre elle je le précise, mais il y a un côté tellement « qualité » où l’on considérait que Nicole Rieu faisait de la qualité alors qu’aujourd’hui qui est capable de citer ne serait-ce qu’une seule chanson de Nicole Rieu ? Aujourd’hui tout le monde l’a oublié. Comme Catherine Ribeiro d’ailleurs.

Dans la série analyse, comment expliques-tu le gadin de François Feldman ?
François Feldman a sorti un album techno début des années 90, en pensant séduire tout le monde, avec un clip sado maso avec des fouets, des nanas. Je pense que le public de base qui le regardait chanter chez Foucault « Les valses de Vienne » à rien compris ! Mais tu sais, dans toute époque il y a un chanteur qui a beaucoup de succès puis d’un seul coup plus rien. On retrouve la même chose avec Roch Voisine, avec de Palmas, aujourd’hui Garou et je suis convaincu que dans quelques années on va trouver la même chose avec Christophe Maé. C’est typique le même profil. A toute époque, il y a toujours un mec qui plait, en général au même public c’est-à-dire les femmes entre 30 – 40 ans, divorcée avec enfant, qui aime le côté séducteur mais pas trop, le type rassurant. Ils ont tous le même profil. Et en général ça tient pas.

Dans le premier livre « Apologie de l’échec » tu n’es pas tendre avec Jeanne Mas.
C’est par rapport à certains discours qu’elle a tenu dans les années 80, assez extrémiste. Il y a des « has been » qui sont plus sympathiques que d’autres. Mais en règle générale je ne suis pas méchant. Ah si, j’ai été méchant sur Ringo, mais qui n’a pas été méchant sur Ringo !? J’ai été méchant sur François Valéry aussi, mais là c’est facile, François Valéry fait une comédie musicale, il confit le premier rôle à Rose Laurens ! Mais dans l’ensemble je ne pense pas être très méchant. J’ai lu des livres beaucoup plus méchants.

Je reviens sur Jeanne Mas. N’as-tu pas l’impression de tirer sur l’ambulance ?
Je pense que le public aime ça en fait. Puis je pense qu’à elle ça ne lui déplait pas non plus. Je pense que son truc est que tant qu’on parle d’elle, en bien ou en mal elle sent fout. Jeanne Mas s’est une carrière abîmée à cause d’elle. Personne n’en veut à l’époque à cause de ses déclarations contre l’avortement, puis sa position par rapport à la peine de mort. Chacun à ses opinions bien évidemment, mais à l’époque on se foutait complètement de ce que pouvait penser Jeanne Mas. Jeanne Mas c’est « Mylène Farmer m’a tué ». Jeanne Mas c’est aussi un très mauvais disque, suivit deux ans après d’un deuxième très mauvais disque. Il n’y avait plus de chansons. Les gens aimaient bien la Jeanne Mas du TOP 50, les tubes frais, tu vois. C’est un peu comme si Jean-Pierre Mader reprenait Louis Aragon. Les gens n’ont pas trop compris.

Dans ce nouveau livre, tu n’es pas tendre avec Ysa Ferrer.
Alors elle, c’est vraiment rien. Ysa Ferrer a été starifié alors qu’elle n’a fait qu’une série puis un album qui n’a jamais trop fonctionné. Elle n’a aucun talent particulier. Elle essaie de revenir en utilisant le côté pseudo bi-sexuel de la fille, c’est racoleur au possible. C’est tellement racoleur que ça n’a aucune chance de marcher. Tout le monde s’en fout d’Ysa Ferrer.

Côté personnalité on compte dans ton livre 2 hommes politiques seulement. Robert Hue et Brice Lalonde. Pourquoi ?
Bizarrement la politique est un domaine où les gens se retirent difficilement d’eux-mêmes, sauf quant ils sont mêlés à des affaires ou bien quand ils meurent. Ou alors quand ils sont torpillés par des membres de leur parti. Ce qui a été le cas avec des gens comme Michel Noir et Bernard Stasi. Dans le cas de Brice Lalonde, Robert Hue eux ont disparu complètement. Je pense qu’ils en avaient profondément marre de la politique, ils étaient dans des partis qui n’avaient pas vraiment le vent en poupe. Quand on voit les derniers chiffres du PC… il faut savoir se retirer.

Doit-on reconnaître Tom Selleck qui incarne Magnum à la télévision sur la couverture du livre ? Si oui, pourquoi n’apparaît-il pas dans le livre ?
Tom Selleck a fait des choses bien après « Magnum ». Je pense notamment au film « In and out » avec Kevin Kline. Il a fait des apparitions dans « Friends » notamment. Dans ce livre je n’ai pas trop parlé des anglo-saxons, sinon j’aurais du écrire 20 livres ! En ce qui concerne la couverture on a fait en sorte à ce que l’on se pose la question « Est-ce que c’est lui ? est-ce que c’est pas lui ? ». La même question en fait quand l’on se dit « Ah mais c’est lui qui chantait ça ?! , c’est elle qui jouait dans ça ?! ».

Que peut-on penser de l’absence de certains chanteurs, artistes ou comédiens ? je pense en particulier à Lio. Es-ce un simple oubli ou bien leur absence est-elle proportionnelle à l’envergure de leur avocat ?
Ah non, on peut parler de tout le monde à condition que ça ne soit pas injurieux. Lio n’est pas une oubliée. Son spectacle sur Prévert a plutôt bien fonctionné, on la voit régulièrement à la télévision, tout le monde l’a connaît. On ne peut pas dire que Lio soit vraiment oubliée. Rose Laurens est oubliée. La plupart des gens et des mômes ne savent pas qui est Rose Laurens mis à part un tube « Africa », tout comme Corinne Hermès, les gens ne s’en souviennent plus. Alors que Lio a 6 ou 7 gros tubes ! Je ne parle pas de Sheila non plus dans le livre. Sheila c’est énorme.

Quelles sont les artistes que tu aimerais voir revenir sur le devant de la scène ? Ivanov, Kimera, Melgroove.
(Rires). Pour me marrer ou vraiment ??? Je ne sais pas.(Rires). Pour me marrer j’aimerais tous les voir revenir ! Dans le cadre des acteurs, les faire tourner tous dans un truc du style ils ont été fait prisonnier dans un vaisseau spatial, ils reviennent tous en 2008. Il y en a un qui est revenu, Frédéric Andréi qui a joué dans Diva de Beineix. Il vient de réaliser un film qui n’a pas beaucoup marché d’ailleurs, « Par suite d’un arrêt de travail ». Le film est sorti en juillet, c’est peut être pour ça.

 

i.Nous allons enfin terminer sur les grands absents de ce livre et pour cause, personne ne s’en souvient. Les participants issus de la télé-réalité comme le « Loft » ou « Nice people » pour ne citer qu’eux. Seraient-ils condamnés d’avance ?
Alors là c’est autre chose, pour moi eux c’est déjà rien dès le départ, donc j’en parle pas ; on s’en fout. Le pire chanteur des années 80 on peut se souvenirs de sa chanson, Loana on se souvient de la piscine et rien des autres. Et je ne pense pas que ces gens-là aient envie que l’on parle d’eux. J’ai une amie qui a fait « Nice People », elle m’expliquait que tous les gens qui ont participé à de la télé réalité ont tous fait des dépressions, ont tous eu des problèmes psychologiques. Personne n’a été suivit par la prod. Et je pense qu’il ne vaut mieux pas parler d’eux dans leur intérêt.

?« Je me souviens des oubliés » par Mathieu Alterman. Editions Scali.

Interview © Patrick Roulph pouleguidegay.com

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