Les Vedettes:

Chanteuses décalées

Elles sont huit. Elles sont plus ou moins majorettes, plus ou moins chanteuses, mais assurément des showgirls à toute épreuve. Les Vedettes, protégées du trublion Katerine, sortent un premier album explosif. Un Disque n°1 bien parti pour être l’album des fêtes de fin d’année.

 

?Avec Les Vedettes, la majorette est devenue hype. Comment avez-vous réussi ce tour de force ?
En fait, tout a commencé avec notre spectacle de rue « Les Vedettes… plus ou moins majorettes ». Lorsque nous avons joué aux Tombées de la Nuit à Rennes, un musicien des Littles Rabbits nous a abordés en nous disant que notre univers plairait à Katerine. Quelques filles sont allées le rencontrer chez lui, il leur a direct proposé de venir danser sur Louxor à l’occasion d’un concert bruxellois. Puis tout est allé très vite : la première de l’Olympia, le single Papa est mort pour l’Eurovision 2007 qui s’est rapidement transformé en un album.

Pas trop déçues de ne pas avoir été sélectionnées pour ce concours international ?
Sur le moment si, car certaines d’entre nous adorent ce grand show, mais pour être franches, nous n’étions pas du tout prêtes. On a compris deux semaines avant que c’étaient nous les protagonistes du show, et non Katerine. Notre passage aux présélections sur France 3 a été catastrophique. Les Fatals Picards méritaient d’aller à Helsinki à notre place.

Les majorettes, l’Eurovision… du kitsh tout cela !
L’idée de faire les majorettes est venue d’Agathe et de Jill. Toutes les filles à qui elles ont proposé le spectacle de rue ont répondu positivement, séduites par l’idée de faire un show décalé de majorettes. On ne se prend jamais au sérieux, on reste très basique dans nos pas. On a même embauché des gardes du corps qui ramassent nos bâtons… car il y a de nombreux ratés.

Il y a une impression de grand n’importe quoi, quand on vous voit…
Décalé est plutôt le terme exact, mais nous ne nous sommes pas levées un matin en nous disant « Tiens on ferait bien un spectacle décalé ! ». Il se trouve que nous possédons un humour commun. Poétique, basé sur la dérision, toujours à côté des choses… finalement très belge.

Disque n°1 est résolument sixties au niveau du son. Vous suivez la tendance actuelle.
Il faut savoir que nous étions 14 filles au début, donc qu’il n’est pas aisé de trouver un univers sonore qui convienne à toutes. Dans le groupe, il y en a qui n’apprécient pas plus que cela ce son, mais vu qu’il insuffle une folle énergie au groupe et sur scène, on s’en accommode et en devient accro. Il a fédéré très vite.

Côté texte, vous y allez cash avec les mecs. Un brin castratrices Les Vedettes ?
Non pas du tout…les textes ont été écrits par Katerine lui-même. Il est vrai qu’il s’est inspiré de nos conversations et que nous ne sommes pas mièvres. Mais une chanson comme Hot Dog par exemple n’est pas forcément dirigé vers les hommes, malgré cela plusieurs personnes nous dit que nous y allons fort sur celle-ci.


Peut-on dire que vous êtes des Spice Girls trash ?
Euh… pas vraiment non : nous ne sommes pas foutues pareils. On parlait de filles mièvres tout de suite, elles l’étaient. Nous pas. Hormis le fait que nous sommes un groupe de fille, tout nous sépare. Concernant nos textes jugés plus ou moins féministes, sur un créneau « girl power » comme ces Anglaises, on ne revendique rien. Il n’y a rien de politique derrière tout cela. Maintenant, il est vrai que la femme qui nous voit à la télé va s’identifier au groupe, va nous prendre en affection, car notre féminité est actuelle et authentique.

Il n’y a pas de leader vocal dans le groupe ?
Non. En fait, de temps à autre une des filles se met plus en avant vocalement pour éviter le côté choral des Vedettes. Mais on revendique l’idée de groupe. Nous ne souhaitons pas de leader. Vous savez on aime bien faire des tas quand on danse… musicalement c’est pareil nous restons groupées. Plus sérieusement, nous avons toute une personnalité bien affirmée. Il y a parfois des accrochages, du chaud, du froid et surtout beaucoup de bruit. Mais jamais de problèmes dus à des egos. Ce n’est pas le genre de la maison.

Vous faites état de vos fantasmes sexuels dans cet album.
Vous parlez de Joey Starr ? Pour tout vous dire, une des filles a fait un rêve érotique avec ce rappeur, sans pour autant le kiffer. Katerine s’est empressé d’écrire un texte dessus. Joey a apprécié la démarche et accepté de poser sa voix sur le titre, on fait les malines avec ce single, mais on n’en mènera pas large si on le rencontre sur un plateau.
C’est exactement pareil pour le texte sur le lesbianisme. Une des filles en a parlé un jour et un joli texte est apparu… Il faut savoir que toutes les filles du groupe aiment les garçons, et certaines les filles aussi. C’est assez open chez nous.

L’album est terriblement dansant. C’est idéal pour les shows à venir ?
Effectivement en live l’ambiance est électrique. On a déjà joué l’album sur scène, bien avant la fin de son enregistrement. Au début, pendant les 2-3 premières chansons, le public jauge un peu le délire, mais très rapidement tout le monde se met à danser. C’est exactement ce que l’on souhaitait avec Disque n°1 : faire la fête !

Propos recueillis par Cédric CHAORY.