Chantal Goya :
« Des poussières d’étoiles dans les yeux ».

 

 

En cette fin d’année 2009, Chantal Goya fête les 30 ans de Marie-Rose, son personnage emblématique, les 14 et 15 novembre prochain au Palais des Congrès de Paris puis en tournée dans toute la France à la rencontre de son public tri- générationnel. Pour l’heure, nous avons rencontré Chantal Goya pour son livre de souvenirs « Des poussières d’étoiles dans les yeux » aux éditions Flammarion.

 

Bonjour Chantal Goya, avant toute chose, peut-on avoir des nouvelles de Marie-Rose ?
Marie-Rose va bien, elle prépare son spectacle. Marie-Rose est en pleine répétition pour le spectacle du 14 et 15 novembre qu’elle donnera au Palais des Congrès à Paris puis dans toute la France.

Vous êtes actuellement en répétition. Comment appréhendez-vous ce nouveau rendez-vous ? Etes-vous traqueuse ?
Je ne suis pas une traqueuse. J’adore être sur la scène. Je suis plus une traqueuse dans la vie, par exemple dans un restaurant bondé, je suis terrorisée, je n’ose pas traverser. Alors je baisse la tête et je fonce.

Etes-vous attentive aux retombées de ce livre. Aux premières critiques ? (L’interview a lieu une semaine après la sortie du livre).
Complètement, hier j’étais à Lille, j’ai écouté ce que les journalistes avaient à me dire. Ce livre est très important. Les journalistes peuvent aimer ce livre, c’est fabuleux, ou ne pas aimer, ce qui est leur droit. Mais tous m’ont avoué avoir découvert une Chantal Goya qu’ils ne connaissaient pas. Ils ne savaient pas que ma petite enfance était à ce point rempli d’embûches et de difficulté.

Je trouve le titre de ce livre très joli. « Des poussières d’étoiles dans les yeux ». A t-il une histoire ? A qui le doit-on ?
Lorsque j’ai joué pour la première fois mon spectacle « Happy Birthday Marie-Rose », c’était à Lille, j’ai alors rencontré une maman dont le jeune garçon lui a demandé en début de spectacle pourquoi pleurait-elle ? Sa jeune maman lui a répondu « J’ai des poussières d’étoiles dans les yeux ». J’ai trouvé cette formule très jolie.

Quel a été l’élément déclencheur de ce récit ?
Ce livre a été écrit en collaboration avec Jacques Pessis. Je connais très bien Jacques Pessis, nous avions publié « Tu t’appelles Chantal Goya comment ? ». Ce livre paru en 1993 a été fait sous forme de conversation mais pas comme un livre de souvenirs. Nous avons donc décidé de proposer quelques choses de différent. Pour ce nouveau livre nous avons tout repris depuis le départ. Nous nous sommes retrouvés à Pâques pour commencer l’écriture de ce livre « Des poussières d’étoiles dans les yeux ».

Ca a été rapide !
Oui. Je sais être spectatrice de ma vie, il m’est donc facile de raconter un tas de souvenirs au travers d’un magnétophone. Le souci de Jacques Pessis était de retrouver dans le récit la façon dont je parle. Nous avons fait ce livre de façon spontané, ce livre est en parfaite équation avec la façon dont je parle.

Dès le prologue de ce livre vous annoncez la couleur : « conne, mais icône ». Avez-vous des comptes à régler ?
J’ai trouvé cette formule drôle. Ce sont des jeunes qui vont lire ce livre, ils ont 25-30 ans, j’ai trouvé amusant d’aller dans ce sens. Le mot « conne » ne vient pas du personnage Chantal Goya, mais simplement du fait que le public ne comprenait pas pourquoi de Godard je passais à Bécassine. Mais il faut qu’elle soit conne pour faire ça ! a-t-on dit. C’est un mot qui a circulé. J’ai trouvé bien de rajouter un i devant, voilà tout.

Il vous est arrivé des événements violant durant votre enfance. Vous parlez à plusieurs reprises de votre bonne étoile. Je veux bien le croire. Mais une question, d’où tirez-vous votre énergie ?
Tout le monde me pose cette question ! J’ai dû l’avoir en naissant cette énergie. Je pense que c’est également dû à mon caractère de Vosgienne. Mon papa est né dans les Vosges, les vosgiens sont très obtus, ils vont jusqu’au bout. Et maman, qui est originaire du sud-ouest, de Tarbes précisément, n’est pas mal non plus. Je pense avoir ce caractère bien trempé de la famille.

Au début des années 70 vous semblez vouloir arrêter le cinéma. Côté disque, vous n’enregistrez plus. Quels étaient alors vos désirs professionnels ? A quoi aspiriez-vous ?
J’étais une jeune maman, je m’occupais de la maison. Je m’occupais des enfants, du jardin, du potager, je n’étais pas du tout dans le circuit. Dans ma tête j’étais passé à autre chose.

A l’époque de vos premiers 45 tours, il était bon ton pour les artistes d’enregistrer leurs titres en langues étrangères. L’avez-vous fait ?
J’ai enregistré un album en 1980 en espagnol. J’ai aussi enregistré « Allons chanter avec Mickey » en anglais pour Disney, puis je suis allé aux Etats-Unis en 1997 pour NBC Thanksgiving Day chanter « Pandi Panda » en anglais. Nous avions à l’époque le projet de monter mes spectacles au Radio City Music Hall à New York puis entre temps mon producteur est mort et ça ne s’est pas fait.

Vous racontez dans le livre l’histoire extraordinaire de la chanson du chasseur, sa création. D’ailleurs vos enfants participaient en tant que figurant lors des émissions télé. Vos enfants Jean-Paul et Clarisse ont été épargnés du monde du show-biz, des paparazzi. Les avez-vous protégé ?
Ca a été naturel. Ma fille m’a dit un jour qu’elle ne voulait pas faire de photo sauf pour « Jour de France », célèbre magazine de l’époque, car nous étions ami avec l’un des photographes. Sinon j’ai toujours dit non aux photographes. Je me souviens lorsque ma fille avait 17 ans, nous étions à Marrakech pour l’inauguration de l’hôtel Mamounia, elle a dit à tous les photographes, « pas une photo de moi », ils ont tous posé leur appareil !

De nombreuses personnalités figurent dans le cahier photos du livre ? Quelles seraient vos 3 plus belles rencontres ?
Robert Doisneau, Jean-Jacques Debout et Jean-Luc Godard restent mes trois plus belles rencontres. 

La rencontre avec Hergé, dont ne figure aucune photo est aussi extraordinaire !?
Tout à fait. C’était en 1981, j’étais en Belgique. Hergé m’a alors confié qu’il aimerait une chanson avec Tintin. Il m’avait vu sur scène avec Bécassine. Au moins on ne peut plus dire que Tintin est misogyne.

On a à peu près tout dit sur Chantal Goya, tout sauf peut être l’essentiel : que fait Chantal Goya lorsqu’elle ne travaille pas.
J’adore me promener dans Paris. J’ai connu Paris enfant. Je me promène beaucoup au hasard des rues. Je redécouvre toujours un lieu, un endroit. Paris est merveilleux. J’amène mes petits-enfants se promener, nous allons au cinéma ou bien au jardin d’acclimatation.

Il existe de nombreux sites internet consacrés à votre carrière. N’avez-vous pas songé à créer votre propre site avec biographie, filmographie, discographie et photo ?
Il existe de nombreux sites qui me sont consacrés. Ce sont des fans qui sont à la base de ce travail, et ils le font très bien. Je ne pourrais pas créer de site car je possède très peu de documents sur moi. C’est moi qui leur demande des documents sur ma carrière ! Je ne garde pas tout. J’ai un fan qui a rassemblé sur une centaine de DVD toutes les émissions de télévisions. De 1964 à aujourd’hui. Il doit y avoir plus de 2000 émissions de télévisions. Des journaux télévisés avec Mourousi, ou Bilalian, des émissions dont je ne souvenais plus.

Votre public est tri-générationnel. Lors de vos rencontres après les spectacles, de quoi vous parle-t-on le plus souvent ?
De mon énergie, de ma forme. On me demande aussi comment je fais pour être toujours de bonne humeur ! Comment je fais pour paraître jeune ! Alors là je n’en sais rien, c’est le mystère de la vie ! Mais j’ai toujours eu un décalage. Enfant lorsque j’avais 7 ans j’en faisais 4, lorsque j’en avais 12 j’en faisais 6 ! Mais je ne fais rien de spécial. Je ne fais pas de gymnastique, je mange pratiquement de tout dont de bons plats en sauce. Je fais tout de même attention à ma ligne lorsque je dois faire des spectacles afin de rentrer dans ma robe. Mais je suis une bonne vivante. Bon d’accord, je ne bois pas d’alcool, je ne peux même pas boire de vin puisque je suis allergique au tanin, contenu dans le vin. Ca me fait des quintes de tout c’est horrible. Je ne fume pas non plus.

Quelle image pensez-vous avoir aujourd’hui ?
Je pense avoir l’image de quelqu’un qui a fait rêver toute une génération durant les années 80. Je représente l’enfance de cette génération. Et on me dit continuez !

Enfin, qu’aimeriez-vous que le public retiennent de vous ?
Ma sincérité, ma franchise, ma disponibilité lorsque je croise mon public. Toutes mes belles chansons et mes plus beaux spectacles. Ce sont eux mes meilleurs médias.

 


Propos recueillis par Patrick Roulph en septembre 2009.

Chantal Goya « Des poussières d’étoiles dans les yeux ». Flammarion.
« Happy Birthday Marie-Rose - 1979-2009 » Palais des Congrès de Paris. 14 et 15 novembre 2009.

Site officiel www.chantalgoya.net