laetitia Larusso - “My box”

 

« My box », le nouvel album de Laetitia Larusso est disponible sur les plateformes de téléchargement légal. Pour ce retour, Laetitia Larusso s’est entouré de deux jeunes artistes, Alias et Bambi Cruz. Au programme de ce nouvel album, 14 titres où la jeune femme revient sur ces 3 dernières années de blessures, d’histoires ou rencontres mais aussi départs riment avec solitude. Laetitia Larusso a participé à l’écriture des textes, c’est ainsi que la perte d’un être cher ou encore les origines de la chanteuse font partie des nombreux thèmes abordés dans ce nouvel album. Découvrez ce nouvel album sur son site officiel www.laetitia-larusso.com et dans l’interview ci-après que Laetitia a accordée sur le site www.leguidegay.com

 

Bonjour Laetitia, ton nouvel album « My box » vient de sortir sur les plateformes de téléchargement légal. De nombreux thèmes sont abordés, mais je trouve dans ce nouvel album beaucoup d’émotion. Je pense notamment à la chanson « Je refuse » ou « Le meilleur ».

Ce nouvel album regroupe ce qu’il s’est passé durant ces trois dernières années, j’avais besoin de mettre en chansons ce que je vivais. Dans la vie je cherche la vérité, la sincérité. Je ne suis pas un cas isolé dans mes histoires, dans mes souffrances, beaucoup de personnes vivent ces mêmes histoires. Je me suis servi de la magie de la musique pour extérioriser ces événements. C’est pour ça que dans cet album on passe de la chanson joyeuse à la chanson triste. Je parle de la mort, mais sous deux formes différentes, la première forme qui est le refus de perdre les gens que l’on aime, la deuxième forme est celle du souvenir, une fois qu’ils sont parti, que va-t-on garder d’eux ? Personnellement je décide de garder le meilleur. Cet album parle également de mes origines avec le titre « Là-bas », de mes espoirs, de mon ex-copain aussi ! Ce nouvel album regroupe vraiment les événements de ces dernières années, de choses qui me sont arrivées dans ma vie privée.

Tu as également participé à l’écriture de certains textes.

J’ai participé à la co-écriture de certains textes, c’est vrai. Grâce à Alias qui a participé à cet album. C’est lui qui a trouvé la façon de me porter vers ce travail. Il a débloqué le petit truc qui était fermé en moi.

Présentes-nous les personnes avec qui tu as collaboré pour ce nouvel opus.

Alias auteur, compositeur, arrangeur, musicien, chanteur, un magicien de la musique. Il y a aussi Bambi Cruz, qui a écrit deux textes sur ce nouvel album, c’est un mec hors pair, très belle plume, c’est un super rappeur, un très bon danseur, un mec en or ! Nous avons travaillé tous les trois autour de ce nouvel opus avec une majorité du travail effectué entre Alias et moi-même.

Le visuel de ce nouvel album me fait penser aux figurines que l’on trouve sur les boîtes musicales. Je me trompe ?

C’est tout à fait ça. L’idée vient de mon photographe, Slam. Nous nous connaissons depuis 11 ans. Slam cerne rapidement mes envies, ma personnalité.Il me connaît bien. Il me dit tu as deux côtés en toi, d’une part un côté très poupée, très fragile, et d’autre part un côté déjanté. On appuie sur un bouton et tu démarres. C’est un peu comme une boîte à musique. On ouvre, tu chantes. Tu es complètement folle. Slam me voyait là dedans. Moi ça me convenait, et l’idée du titre de l’album « My box » vient également de cette image. C’est vrai que lorsque l’on regarde les chansons de cet album, ce sont mes émotions, c’est un peu ma vie, mes secrets que l’on pourrait mettre dans une boîte. La personne qui a vraiment envie de savoir qui est Larusso, n’a qu’à ouvrir cette petite boîte. C’est donc Slam qui a eu l’idée de cette poupée trash. Nous on appelle ça, poupée trash. Normalement la poupée à un tutu blanc, elle est parfaite, elle est mignonne et gentille, ma poupée à moi est un peu plus abimée quand même, elle est « trashée » à mort, le maquillage à coulé. Elle est jolie comme ça de l’extèrieur, mais voilà à l’intérieur elle est complètement pétée.

Comment appréhendes-tu la sortie de cet album ?

Oh, je n’appréhende rien. L’album est disponible sur internet en téléchargement légal. J’aime bien ce côté libre d’acheter les morceaux que l’on a envie d’acheter, sans forcément acheter l’album en entier, ça laisse le choix aux gens. Mais je n’appréhende rien. Vendre des disques c’est fait, avec « Tu m’oublieras » on en a vendu des millions, je n’étais pas plus heureuse qu’aujourd’hui. Aujourd’hui je vis la musique différemment, je me suis arrêtée 7 ans, j’ai un vrai recul sur ce métier, je savais ce que j’avais envie de vivre, il était essentiel que je m’arrête. J’ai aucune appréhension de vendre ou non, la seule chose que j’ai envie de vivre aujourd’hui est par rapport aux gens qui vont venir me voir en concert. Je désire aujourd’hui que les gens se reconnaissent dans mes textes. J’ai envie que les gens se retrouvent dans mes chansons. Ce métier n’a pas de limite en fait, tu fais des titres, des albums, des singles, tu fais des clips puis les gens prennent des chansons, ils les aiment, ils en aimeront certainement plus une que l’autre. Il n’y a aucune règle. Si je dois appréhender chaque fois que je sors un truc, je ne vis plus.

Y’a-t-il un thème ou des thèmes en particulier que tu aimerais aborder dans une chanson et que tu n’oses pas ou alors dont tu n’as pas trouvé le bon angle ?

Non, je n’ai pas de freins, ni de limites. J’ai parlé dans cet album de choses dont je voulais parler, j’y ai mis toutes mes émotions, je parle de tout, sans tabou. C’est mon troisième album j’ai déjà abordé plusieurs thèmes dans les deux précédents. J’invite ensuite les gens à parcourir mes chansons, les thèmes que je propose, comme avec la chanson qui à pour thème mes origines « Là-bas », je chante « viens là-bas et tu verras ». Au lieu d’avoir des préjugés sur mes origines, essaie de comprendre d’où je viens, de connaître ma culture, ensuite tu te feras une opinion. Mais ce n’est pas un album sur mes racines non plus, c’est juste un titre. Dans cet album je présente diverses choses, divers thèmes. Je ne me servirais pas de mon statut d’artiste pour proposer un album sur le racisme. Mes albums ne sont pas faits pour défendre des causes.

Je trouve le single « Pas de chichi » assez fort. Comme une façon de remettre les pendules à l’heure, sur ta carrière, ta vie. Faut-il l’interpréter comme ça ?

C’est un petit clin d’œil, un regard amusé sur le métier, c’est aussi une façon d’expliquer ce que j’ai fait pendant 7 ans. On ne m’a pas vu, les gens me demandent souvent ce que j’ai fait, ce que je trouve tout à fait normal, je raconte ce qu’il sait passé, j’ai co-écrit ce texte avec Alias, avec beaucoup d’autodérision, je me suis éclaté.

Le titre « Juge-moi »» est assez rentre dedans ? As-tu des comptes à régler ?

Je n’ai pas de compte à régler. La truc de « Juge-moi » c’est très simple. Nous sommes tous jugés par autrui, le regard des autres, la pensée, certains le ressentent moins alors que d’autres le sont beaucoup plus. « Juge-moi » est une façon de dire aux personnes qui sont atteintes par le jugement des autres, de rester debout, de continuer leur route et de ne pas faire attention

Le titre « Je reste seule » est-il autobiographique ?

Totalement. Ce texte fait partie des textes que j’ai co-écrit. J’avais envie de faire disparaître cette légende comme quoi les artistes sont des personnes heureuses, entourées, sans problèmes, des personnes qui ne connaissent pas la solitude. Et bien pas du tout. « Je reste seule » parle de mes sentiments de doute, de cet état de solitude. Pourquoi les artistes font ce métier ? Pour être exposé, être aimé. On cherche l’amour des gens. « Je reste seul, libre et inaccomplie » . Je décris cette envie d’avancer dans ma vie, de rencontrer quelqu’un de bien, de fonder une famille. Tout est dit dans cette chanson, cette chanson est autobiographie à 200 000 % !

Dès le départ de ta carrière il y a un peu plus de 10 ans, tu as été très vite catalogué « produit marketing ». Tu sembles aujourd’hui détachée de cette image de tes débuts. Où te situes-tu aujourd’hui dans le milieu de la chanson ?

J’en sais rien. Je suis une artiste, une chanteuse. En tout cas je ne suis pas marketing du tout, ça c’est certain. Même à l’époque je n’étais pas un produit marketing, ça a été interprété comme ça parce que voilà, c’est comme ça, grâce ou à cause du succès. Je ne sais pas aujourd’hui si je peux me situer quelque part. Je fais ce que j’aime, point. Je n’ai aucune prétention. Je suis parmi les autres, chacun à sa place dans ce métier. Même lorsque l’on compare deux chanteuses, c’est faux. Peut-être que vu de l’extérieur oui, on peut trouver des points de comparaison, mais en réalité non. Chacun a sa propre identité. Je fais partie de la chaîne des chanteurs français, qui se casse la tête et le cœur pour trouver des choses qui plairont aux gens. On ne le fait pas pour avoir de l’argent ou des choses comme ça. Il faut que les gens admettent que la démarche des artistes est parfois très sincère. Je n’ai pas dit à 100 %, mais une grande partie des chanteurs est sincère. On essaie tous de proposer des choses qui plairont. On ne cherche pas forcément à être numéro un des ventes !

Il y a 10 tu as assuré la première partie de la tournée de Johnny Hallyday ? Quels souvenirs en gardes-tu ?

Le plus beau souvenir. J’assurais la première partie puis faisait un duo avec lui. Ca a duré 36 dates. Johnny Hallyday est quelqu’un de gentil, humain, simple, protecteur, humble qui s’intéresse aux autres. Johnny se soucie de chacun. Il n’est pas du tout dans sa bulle. Johnny est un artiste qui ne se prend pas du tout pour une star. Il aime les rapports simples. J’ai beaucoup appris à ces côtés. Nous vivions ensemble du matin jusqu’au soir lors de cette tournée, lorsque tu vis à ses côtés, Johnny Hallyday te transmet toute son énergie. Et c’est une énergie à vie !

Tu t’es également produite à l’Olympia. Quels souvenirs en gardes-tu ?

C’était énorme ! Je n’en ai pas assez profité car j’étais encore dans la machine infernale où je n’avais pas le temps de profiter de tout ce que je faisais, mais c’était énorme. Pour cet Olympia j’étais boosté à bloc, je revenais de la tournée de Johnny, c’est vraiment un excellent souvenirs, les gens étaient debout dans la salle, je voyais pour la première fois mon nom en lettre de feu sur la façade de l’Olympia. C’est symbolique. Ca peut paraître très con pour certains mais… tu vois, je me dit que j’ai fait l’Olympia une fois dans ma vie. Après… arrivera ce qui arrivera.

L’an passé tu as posé très déshabillé pour le magazine Maximal. Quelle a été ta motivation, l’élément déclencheur ?

Il y a deux choses. La première est une aventure amoureuse assez compliquée. La rupture a été très douloureuse puisque la personne en question est partie avec une autre fille. Cette fin d’aventure m’a complètement détruit le moral. Quand c’est comme ça tu perds toute confiance en toi, tu te trouves moche, horrible, tu as tous les défauts de la terre et quand tu as Maximal qui t’appelle en te disant « tu es super on aimerait que tu poses pour nous ! », ça te flatte et tu te dis pourquoi pas ? La deuxième raison, qui est quand même l’élément essentiel et déclencheur pour cette série de clichés est que je souhaitais montrer aux gens qu’il fait arrêter ce dicta de la maigreur, de la beauté parfaite, de la chirurgie, de tout ce qui pourri la vie des gamines et qui les font se détruire. Je voulais dire, voilà, je mesure 1m57, je ne suis pas parfaite, je n’ai pas le nez droit, je ne suis pas la plus belle du monde, j’ai des défauts, mais regardez je peux être jolie.


© Patrick Roulph pour wag et www.leguidegay.com juillet 2010