YSA FERRER

ULTRA FERRER

 

Deux années seulement se sont écoulées entre « Imaginaire pur » son précédent opus et « Ultra Ferrer » son nouvel album actuellement dans les bacs. Véritable boulimique de travail, c’est pour vite retrouver son public nous confit Ysa Ferrer. Nous l’avons rencontré dans un luxueux hôtel parisien quelques semaines avant son concert à Bobino fixé au samedi 16 octobre. Interview

 

Ce nouvel album « Ultra Ferrer » arrive très vite après le précédent « Imaginaire pur » sorti en 2008. A quoi doit-on cette boulimie de travail ?

C’est une espèce d’énergie qu’on n’a pas envie de quitter. Il y a eu l’album « Imaginaire pur » la promo, la Nouvelle Eve, mes concerts en Russie puis le Bataclan et je continue, je fonce. J’ai envie de faire des chansons, de la musique, ne pas m’arrêter puis retrouver mon public sur scène.

Le titre de ton nouvel album est « Ultra Ferrer ». Alors pourquoi « Ultra » ?

Il y a beaucoup d’autodérision dans ce titre ainsi que dans le visuel et le livret intérieur de ce nouvel album. J’aime l’autodérision, j’aime jouer avec. J’ai choisi « Ultra Ferrer » car c’est un album maximaliste avec de vrais choix artistiques. Cet album est composé de vraies couleurs, un tas de couleurs différentes. Les chansons sont tantôt rock, dance, il y a aussi de vraies ballades, un titre plus trip-hop très inspirée de Massive Attack. Avec mon équipe nous avons vraiment souhaité une diversité musicale tout en gardant ce fil conducteur qui est ma voix. Cet album est également un regard. Regard que l’on peut avoir sur les autres, sur soi-même mais également l’image que l’on peut donner aux autres.

Pour chaque artiste un nouvel album représente une nouvelle étape dans sa vie, artistique et souvent personnelle. En ce qui te concerne quelle étape as-tu franchi avec ce nouvel album « Ultra Ferrer » ?

Je ne parlerais pas d’étapes mais de continuité. Mes albums s’enchaînent, ce sont des périodes de ma vie, je m’inspire de la vie, de tout ce qui m’entoure, comme tous les artistes. La différence avec le précédent album est que j’assume totalement ce côté too much que l’on trouve sur « Ultra Ferrer » !

« French kiss » est le premier single extrait de cet album avec aux manettes l’américain Chew Fu. Raconte-nous cette rencontre.

Cette rencontre est comme un challenge. Mon équipe et moi avions craqué sur son travail, Chew Fu est un producteur américain qui a travaillé pour Lady Gaga, Beyoncé ou encore Britney Spears. Nous lui avons donc envoyé la maquette de « French kiss ». Chew Fu a adoré le titre et a été d’accord pour produire « French kiss ». Le résultat est pour le coup « Ultra ». Un titre avec une enveloppe un peu légère mais qui finalement ne l’est pas puisque c’est l’histoire d’une fille qui s’assume totalement. Une fille qui désire un escort boy tu t’imagines !

« French kiss » fait l’objet d’un clip avec des plans sur des couples qui s’embrassent. Des couples garçon/fille, fille/fille mais pas garçon/garçon.

(Surprise). Nous n’avons pas vu le même clip ! Il n’y a pas de couple fille/fille, il n’y a que des couples garçon/fille ! Ce clip n’est pas là pour affirmer telle ou telle sexualité. Je trouvais beaucoup plus intéressant justement de voir des couples garçon/fille d’univers différents s’embrasser. Si on regarde bien le clip, ces couples transpirent la sexualité, ce sont des baisers passionnés, très modernes avec au milieu une espèce de divas de l’espace dans une robe de majorette rouge complètement kitsch avec des coiffures improbables entourée de deux danseurs tout droit arrivé d’une émission des Carpentier. Je souhaitais ce décalage.

De quelle façon as-tu travaillé ce nouvel album, texte et musique ?

Les textes sont toujours de Daniel Castano avec qui j’ai co-signé les musiques. Pour cet album nous avons également travaillé avec Gilles Lakoste qui signe deux titres et les russes Ram & SD, mais aussi à Alex Jaffray.

J’adore le titre « Ce je ne sais quoi ».

C’est un texte de Jean-Rémy Gaudin Bridet. Lorsque j’ai reçu le texte de Jean-Rémy j’ai tout de suite adoré et j’ai voulu le mettre en musique immédiatement. J’ai donc pris mon iPhone et me suis enregistrée au piano. Cette version démo est d’ailleurs disponible sur l’édition limitée de l’album.

Cet album contient l’unique chanson en anglais « Freak Weather ».

J’ai osé le faire, le texte de « Freak Weather » est une comparaison entre une histoire d’amour et une panne de voiture. Que fait-on quand tout va mal, que tout est cassé ? On répare ou on s’en va ? C’est la question que l’on se pose. Je trouve amusant ce parallèle, comparer une histoire d’amour avec une panne de voiture. Et pour le coup, il y a un côté ultra too much.

Il y a une chanson un peu plus grave qui s’intitule « I am just innocent ».

J’ai voulu rendre hommage à Florence Cassez. Cette femme est accusée de complicité de rapt et purge une peine de soixante ans de prison au Mexique. Sa médiatisation est poussée à l’extrême. Son arrestation a été mise en scène et diffusée à la télévision en prime time. Où sont les limites ? Est-ce une nouvelle télé réalité ? J’ai souhaité m’exprimer sur ce fait. Je ne suis pas là pour clamer son innocence, je dit simplement que cette femme est enfermée et que pendant ce temps-là la télévision fait de sa condamnation une héroïne de sitcom ! Ce côté reality show me choque.

On ne trouve jamais de duo dans tes albums.

Je fonctionne à l’envie. Pour les duos je préfère conserver ces moments-là pour la scène. J’ai fait des duos sur scène. Tu te souviens s’en doute de mon grand duo avec Chi Chi LaRue à la Nouvelle Eve en 2008. Le deuxième duo était avec Nina Morato au bataclan en 2009. Je trouve que les duos sont des moments privilégiés. C’est bien de le vivre en live, sur scène.

Pour les photos de ce nouvel album, tu restes fidèle à Slam.

J’aime son travail. Pour ce nouvel album nous avons réfléchi ensemble et trouvé l’histoire de cette starlette qui en fait des tonnes, qui prend ses rêves pour la réalité aussi. Au fil des pages du livret tu découvres son parcours sur le red-carpet. Elle se pavane devant les photographes puis se prend les pied dans le tapis, trébuche, se retrouve les 4 pattes en l’air avec la couronne, les bijoux étalés de partout et au final elle meurt ! C’est du 10 000 ème degrés ! (rires).

Si tu paraissais assez peu vêtu pour le précédent album, pour le coup de la starlette tu es plutôt chargée.

Un vrai sapin de noël ne ferait pas mieux ! Et si tu remarques bien, le tee-shirt que je porte est un hommage à la série des années 80 « Arnold et Willy ».

Le 16 octobre prochain tu te produis à Bobino pour le « Paradoxal Show ». Pourquoi ‘paradoxal show’ ?

J’aime tout ce qui attrait au sommeil et plus particulièrement aux rêves. Puis j’aime les paradoxes, les opposés. On dit souvent de moi que je suis un paradoxe vivant. Quant à ‘show’, j’aime le show tout simplement et que pour cette nouvelle scène à Bobino, ce nouveau spectacle entièrement inédit, je vais une nouvelle fois faire le show, à l’image de la Nouvelle Eve et du Bataclan avec chorégraphies et de beaux danseurs ! J’ai choisi Bobino pour ce troisième spectacle car c’est une salle qui m’inspire, qui possède de vraies vibrations, cette salle a une âme. Tout est réunis pour qu’il y ait une vraie communion avec le public.

Justement, pour la première fois à Bobino une fosse est prévue sur le devant de la scène. Est-ce une demande de ta part ?

C’est une demande de ma part tout à fait. On m’a reproché jusqu’alors que le public ne pouvait pas danser. Souviens-toi à la Nouvelle Eve, à cause des tables personne ne pouvait bouger. Pour Bobino tout est prévu pour que le show soit sur la scène et dans la salle.

Nous sommes le 10 septembre, j’imagine les préparatifs de ce spectacle à Bobino bien avancée, je pense plus particulièrement aux titres que tu vas interpréter. Avec un album de 13 titres en plus, le choix devient plus vaste. Comment s’est effectué la sélection ? On y trouvera les incontournables d’Ysa Ferrer je pense.

Les incontournables seront là, mais c’est vrai qu’il est difficile de faire un choix de chansons sur 4 albums. Je tiens compte des demandes de mon public, les demandes qui arrivent via internet aussi. Pour ce spectacle je désire faire plaisir et contenter le maximum de personnes. Mais ce n’est pas facile c’est vrai.

Dans une carrière il y a toujours des titres qu’un artiste regrette d’avoir enregistré ou bien ne veut plus interpréter. Y’a –t-il des titres dont tu n’es plus très fière ou bien que tu ne souhaites plus chanter ?

Non, pas vraiment. J’ai des préférences bien évidemment, mais en général j’assume tout ce que j’ai fais. Si j’ai écris puis enregistré une chanson à un moment donné de ma vie, c’est que ce titre correspondait à mon état d’esprit du moment. Personne ne m’a forcé à écrire ou chanter telle ou telle chanson.

Après les années 80, les années 90 reviennent en force. Actuellement est rediffusée la série « Seconde B » dans laquelle tu as joué en 1992. Qu’en penses-tu ?

J’ai toujours été fière de cette série. C’est une bonne série, c’est une vraie série, ce n’était pas un sitcom, il y a avait des tournages en extérieur. Faire une série est ce qui peut arriver de mieux à un comédien. Si tu es mauvais comédien, dans une série cela se voit tout de suite et tu ne survit pas, il faut être bon et bon de suite. « Seconde B » reste vraiment un excellent souvenir.

 


Propos recueillis par Patrick Roulph pour www.leguidegay.com, septembre 2010.

Ysa Ferrer « Ultra Ferrer » nouvel album. Premier extrait « French kiss » disponible en CDMaxi 7 mixes et deux 45 tours Picture Disc collector.

Ysa Ferrer en concert à Bobino « Paradoxal Show » samedi 16 octobre 2010 à 20H00. Toutes les informations sur www.ysaferrer.com

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© Patrick Roulph pour wag et www.leguidegay.com septembre 2010