Michal: Self-Concept

 

Dans l’obscurité, se réinventer… SELF CONCEPT est le nouveau projet musical de Michal Kwiatkowski. Auteur-compositeur-interprète, le jeune homme nous livre aujourd’hui les prémices d’un voyage musical en anglais dans lequel la new-wave devient symphonique, et la pop à la fois sensuelle et électrique. Le premier EP de Self Concept est disponible depuis le 8 novembre 2010. Michal se produira sur la scène du Nouveau Casino à Paris le 4 décembre prochain afin de nous présenter l’intégralité de ce nouveau projet Self Concept. Rencontre.

 

Comment est né ce projet « Self Concept » ?

Le projet est né lorsque je me suis séparé de ma maison de disques fin 2007. Je me suis alors dit que c’était peut-être le moment de créer mon propre label. C’est ce que j’ai fais. « Self Concept » est le nom de ma boîte. J’ai décidé de reprendre ce nom comme pseudonyme artistique. Ce troisième album est l’album dont j’ai toujours rêvé, sans aucune limite au niveau des textes, ni des arrangements, ni même au niveau musical. Je me suis vraiment laissé emporter par mes envies, mes inspirations.

Parlez-nous des thèmes abordés dans ce nouvel album.

Déjà le nom « Self Concept » donne une idée des thèmes abordés. « Self Concept » signifie la recherche de soi-même. Ce disque parle donc de cette recherche. Lors de l’écriture des textes qui composent cet album, j’étais dans une période de ma vie où il y avait pas mal de changements, vu que je suis quelqu’un qui réfléchit beaucoup, de nombreux textes parlent de cette recherche, des choix que l’on doit faire dans la vie. Cette période correspond également à une période de ruptures, amoureuse comme professionnelle. Des ruptures douloureuses certes, mais qui au final apporte quelque chose de positif. Dans ce nouvel album j’aborde également un thème assez angoissant pour moi qui est le thème de la mort, de la disparition d’un proche que l’on aime avec cette angoisse de voir partir à jamais cette personne.

J’ai comme l’impression qu’il est plus facile de revenir avec un concept qu’avec sa propre identité.

Cet album est une façon pour moi de repartir de zéro, de me concentrer sur moi-même, ma propre personnalité, en laissant de côté les préjugés et toutes les images qui accompagnaient mon nom depuis un certain moment. Mais je ne m’éloigne pas de ma personnalité, au contraire je m’investis beaucoup plus, je suis moi-même. Musicalement c’est plus simple, là où les choses se compliquent un peu concerne la stratégie que l’on doit choisir pour faire connaître ce projet. Il y a toujours le dilemme, est-ce que je joue sur mon passé médiatique ou bien est-ce que je repars de zéro et je n’en parle pas du tout. Difficile de choisir car j’assume tout, je renie rien de mon passé.

Vous avez déclaré à propos de « Self Concept » « Je fais table rase du passé, je repars de zéro. Ce me fait plaisir de ne plus être Michal 24H/24 ! ».

Quand on a une étiquette et que les gens vous enferment dans une image, un placard, ils attendent quelques choses de vous et c’est une pression extraordinaire. On a comme l’impression d’être redevable et de devoir faire plaisir aux gens dans la voix dans laquelle ils vous imaginent. Et là c’est vraiment insupportable. Du coup quand on casse ça et que l’on se produit sous un autre nom, on ne ressent plus cette pression-là, elle n’existe plus. Du coup on fait les choses plus naturellement.

Est-ce l’une des raisons pour laquelle vous êtes apparus masqués lors du Bataclan en 2009 ?

Oui, c’était le début du projet « Self Concept » en plus. J’avais vraiment envie ce m’amuser. Je venais de créer ma propre boîte, je pouvais tout me permettre. J’avais envie d’arriver sur scène avec un masque, avec des ailes dans le dos, je désirais ce côté théâtral. J’ai eu beaucoup de plaisir à faire cette scène. Je voulais aussi jouer avec le public et pas forcément dévoiler qui était derrière ce projet.

Le dossier de presse présente Self Concept comme « une quête de soi, sombre mais pleine d’espoir ». Où trouvez-vous la lumière ?

Je pense qu’il me faut d’abord ce côté sombre pour ensuite trouver la lumière. J’ai remarqué que pour me sentir heureux je dois aller au bout de mes démons, au bout de mes malheurs. Lorsque je vais mal je dois aller au bout de cette douleur, de cette tristesse pour ensuite rebondir et voir la lumière. C’est quelques qui marche assez bien avec moi.

Votre pays d’origine la Pologne vous aide-t-elle à garder la tête froide, hors de l’eau ?

La Pologne est un pays que je chéri énormément bien sur. C’est mon pays d’enfance. Je suis fier d’être polonais mais ma maison est la France à présent. C’est ici que j’ai construit ma vie d’adulte. A chaque fois que je retourne en Pologne c’est comme si je retournais en enfance. Ce n’est plus tout à fait chez moi, c’est comme un retour, un souvenirs vers les années d’insouciance.

Vous arrivez en France en 2002. Pourquoi la France ? En quoi la France vous a-t-elle séduite ?

Adolescent j’ai commencé à m’intéresser à ce pays, la France, à la langue française, qui m’a paru très mystérieuse, très étrange. Le français n’est pas une langue que l’on entendait beaucoup à l’époque en Pologne. Cette langue m’a attiré. Je suis alors allé plus loin dans cette attirance, dans cette obsession, par la musique et par la littérature. Au moment où j’ai terminé mes études en Pologne je me suis dit que c’était le moment de partir découvrir ce pays qu’es la France, j’ai donc pris la décision de partir, de découvrir ce pays qui m’attire.

On le voit avec ce nouvel album, les années 80 ont une grande influence sur votre travail. Quels souvenirs gardez-vous de cette période ? Vous étiez très jeune pourtant. (Michal est né en 1983).

La Pologne dans les années 80 était dans une situation différente de la Pologne d’aujourd’hui. C’était l’époque du communisme. En fait, tout ce qui s’est passé dans les années 80 au point de vue musical dans le monde est arrivé en Pologne début des années 90. J’ai donc vécu les années 80 à mon adolescence durant les années 90 ! J’adore cette période des années 80. Je trouve que c’était une période riche au niveau des looks, de l’audace des artistes. On pourrait croire que les choses révolutionnaires se passent aujourd’hui en 2010, mais non ! Dans ma tête les années 80 est justement la décennie durant laquelle les artistes se permettaient un maximum de fantaisie. Les artistes étaient plus inventifs, osaient plus. Les années 80 est une période que j’aime, j’en suis un peu nostalgique et je regrette de ne pas l’avoir vécue ici en France.

Vous habitiez la Pologne à l’époque. Quel groupe, quels artistes internationaux étaient connus ?

Les artistes étaient à peu près les mêmes que partout ailleurs dans le monde. Les artistes qui m’ont touché dès le début sont des artistes comme Dépêche Mode, Madonna, Kylie Minogue, The Cure. Je suis resté fidèle à tous ces artistes, ils m’inspirent toujours, surtout maintenant. J’ai toute la liberté pour me laisser emporter par toutes ses inspirations.

Et parmi les chanteuses ?

Je remarque aujourd’hui que beaucoup d’artistes français sont connus en Pologne, à l’époque durant mon enfance ce n’était pas du tout le cas, il fallait vraiment chercher pour trouver des artistes français, bien évidemment je ne vous parle pas d’Edith Piaf qui était connue. J’ai été tout de suite séduit par la musique de Mylène Farmer, mon père qui travaillait en Allemagne m’avait rapporté deux de ses albums. J’ai ensuite découvert Etienne Daho, Serge Gainsbourg. Ce sont ses artistes là qui m’ont donné envie d’apprendre le français et de venir en France.

La totalité des titres de « Self concept » est interprétée en anglais.

Quand j’ai commencé à composer les chansons de ce nouvel album je me suis rendu compte que l’anglais me permettait d’exprimer plus facilement ce que j’avais vraiment envie d’exprimer. La langue anglaise était beaucoup plus adaptée à toutes les émotions que je voulais mettre dans les chansons de « Self Concept ». Même si je reste amoureux de la langue française !

Le 4 décembre prochain vous vous produisez au Nouveau Casino à Paris. Qu’allez-vous proposer ?

Je vais bien évidemment présenter les titres de ce nouvel EP « Self Concept », plus des titres que les gens ne connaissent pas encore. J’ai envie d’un spectacle où la vidéo et les costumes occupent une place importante. Je souhaite ce spectacle moins théâtral que le précédent, au Bataclan. Le Bataclan représente une période différente de ma vie, où j’avais besoin d’autres choses. On peut d’ailleurs remarquer sur la pochette que je n’ai plus de masque, je suis vraiment là !

Elodie Frégé avec qui vous avez chanté en duo « Viens jusqu’à moi » vient de déclarer à la presse n’avoir jamais assumé son 1er album. Elle ajoute qu’elle n’a pas eu le choix des titres. Et vous, assumez-vous votre premier album ?

C’est un album que j’aime toujours. J’en suis fier. Je l’assume toujours, il m’arrive de l’écouter. J’ai de très bon souvenirs. La seule difficulté que j’ai eu avec ce disque est le manque de temps. Je n’ai eu que trois mois pour le préparer, le créer. Ce qui est assez difficile voir ridicule, car en trois mois on ne fait pas un disque. C’est la seule difficulté.

Pour ce projet « Self Concept », je vous imagine beaucoup plus libre que pour les deux albums précédents. Avez-vous conscience de cette liberté ?

Oui j’en ai conscience tous les jours, de plus en plus. Plus on s’avance de la sortie du disque et du concert au Nouveau Casino, plus j’en ai conscience ! Je me rends compte aussi à quel point tout à changé pour moi. A quel point d’être le patron du projet m’a changé la vie. A présent, j’ai tout à gérer, ce qui est nouveau pour moi et quelques fois effrayant. Ce n’est pas évident d’avoir la liberté totale, il ne faut pas se perdre, il faut apprendre à écouter les autres de temps en temps. J’en ai conscience, j’en suis fier car c’est quelque chose à quoi j’ai toujours inspiré. J’en suis donc à un moment très important de ma vie.

J’imagine que vous allez mettre à profit cette liberté, prévoyez-vous une série de concert pour l’après Nouveau Casino, pour 2011 ?

Bien évidemment, je vais tout faire pour présenter mon concert et ce nouvel album en province. Je suis en train de travailler tout ça avec mon équipe. Nous avons quelques idées, des projets qui se dessinent. Il y a beaucoup de choses à faire. Maintenant je préfère ne pas trop en parler, je n’ai pas envie que ça me porte malheur !

Superstitieux ?
En général non, mais quelquefois je me dis qu’il vaut mieux que je me taise. Donc forcément oui.

On le devient un petit peu avec le temps et les responsabilités.
Oui (rires) et c’est mon côté slave ! (Rires).

Propos recueillis par Patrick Roulph pour www.leguidegay.com, octobre 2010.

SELF CONCEPT en concert
Samedi 4 décembre 2010
NOUVEAU CASINO, Paris

EP – Self concept (Rue Stendhal/Believe)

Site officiel : www.selfconcept.fr

 

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© Patrick Roulph pour wag et www.leguidegay.com octobre 2010